jeudi 24 septembre 2009

L'ampleur de la dissonance électorale

Les électeurs se reconnaissent-ils dans les notions de gauche et de droite ? Font-ils confiance à la gauche ou à la droite pour gouverner le pays ?
Cette dissonance électorale touche toutes les familles politiques, mais plus particulièrement la gauche : 30% des électeurs proche d’un parti d’extrême gauche se sont dirigés vers un candidat de droite (11% chez Sarkozy, 11% vers Bayrou, 7% chez Le Pen, 1% vers Philippe de Villiers), 21% des électeurs proche d’un parti de la gauche classique ont fait de même (13% vers Bayrou, 4% chez Sarkozy, 3% vers Le Pen, 1% chez De Villiers). Les transfuges de la droite vers la gauche ont été beaucoup plus nombreux : seuls 2% des électeurs proches du Front National ont choisi un candidat de gauche, 4% de sympathisants d’un parti de droite classique faisant de même.

La dissonance électorale joue avant tout au profit des candidats de la droite. On aurait pu imaginer qu’avec l’approche du premier tour, la montée de l’intérêt politique et la cristallisation des choix politiques, elle ait tendance à diminuer. C’est le contraire qui s’est produit.

On retrouve ce phénomène atténué au second tour : 25% des électeurs proches d’un parti d’extrême gauche ont choisi Nicolas Sarkozy, 9% des électeurs proches d’un parti de la gauche classique ont fait de même. 13% seulement des électeurs proches du FN ont choisi Ségolène Royale, 10% des électeurs proches d’une formation de la droite classique suivant la même voie.

Pour que la gauche gagne les prochains scrutins, il faudra clarifier le projet, sortir des clivages et prospecter des alliances, surmonter la montée de la défiance. Il ne suffira pas d’aller voir les militants dans des salles (avec une cérémonie bien organisée) mais se fondre dans la rue au quotidien des Français. C’est là qu’est l’électorat de gauche qui attend les élus, mais çà c’est plus dur…. Trop de misère à entendre.