
Il est vrai que quel que soit encore le rôle des partis dans la désignation de leurs candidats à l'exercice du pourvoir, ce rôle est de plus en plus concurrencé par celui des sondages d'opinion relayés par les médias. L'appareil du Parti socialiste a vu ainsi lui échapper en 2007 la maîtrise du processus qui a mené à la désignation de Ségolène Royale comme candidate socialiste à l'élection Présidentielle. Une autre cause de l'affaiblissement du rôle de l'appareil des partis a été la tendance à la "démocratisation" du processus de désignation des candidats. Les cadres des grands partis se dessaisissent ou sont dessaisis de plus en plus de ce pouvoir de désignation pour trois raisons : la demande de "démocratisation" émanant des adhérents, le souci de ces cadres eux-mêmes d'accroître la légitimité aux yeux de l'opinion publique des candidats qu'ils désignent en faisant voter la masse de leurs adhérents pour échapper à la tutelle du groupe dirigeant du parti. Le processus de présidentialisation des partis est peut-être en train de subir en France une nouvelle transformation qui conduit à imiter le modèle de désignation du plus pur régime présidentiel, celui des Etats-Unis, en organisant des primaires ouvertes aux sympathisants. Si cette évolution va à son terme, ce ne sont plus seulement les cadres des partis, mais les partis eux-mêmes qui seront, comme aux Etats-Unis, largement dessaisis de leur rôle dans le processus de désignation de leurs candidats.
L 'émotion serait préférée à l'argumentation, l'apparence à la substance comme l'a montré le dernier débat télévisé sur France 2 qui a été bien suivi mais pauvre en argumentaires. En mettant l'accent sur les scandales, les médias transformeraient la vie politique en "course de cheveaux".