jeudi 30 août 2012

SYRIE : Pourquoi je suis contre une intervention militaire de la France en Syrie. Pourquoi François Hollande reste timide sur cette question ?


Le conflit a fait plus de 25.000 morts depuis près d'un an et demi. Dans un tel scénario, pour affronter un adversaire, les forces Françaises doivent disposer d’un avantage opérationnel indiscutable, qui doit être apprécié à travers toute la chaine, du niveau stratégique au niveau technique. C ‘est loin d’être le cas actuellement.

La décision d’engagement de la France résulterait d’une atteinte directe à des intérêts stratégiques et devrait être conçue d’emblée dans un cadre multinational même si la Ligue arabe s'implique très sérieusement en Syrie. Je pense que le cadre à privilégier pour cette opération complexe est l’O.N.U. Dans l’hypothèse d’une intervention militaire, l ‘action principale serait suivie d’opérations de longue durée, telles que :

- opération militaires ciblées de désarmement, démobilisation et réintégration des forces combattantes, ou réforme du secteur de la sécurité, ou du contrôle de désarmement ;

- opération à dominante civile de reconstruction, de rétablissement du fonctionnement des institutions publiques, de restauration des capacités économiques de base.

A l’heure où les forces Française se désengagent en Afghanistan, seul un effort multinational serait à la mesure des enjeux de l ‘après guerre et de la transition vers une situation de paix. Les alliés Français ne se précipitent pas pour s’engager dans cette « galère » et recherche toujours le pays pilote d’opérations militaires.

Actuellement la rébellion Syrienne se fournit en armes par le biais de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie pour l’acheminement de ces armes. Je me pose des questions sur les intérêts de ces pays dans de telles circonstances.

François Hollande et Laurent Fabius craignent un embrasement au Moyen Orient qui peut être suivi d’une pluie de missiles balistiques à longue portée, en provenance de la Syrie, du Liban et de l’Iran. Vous pouvez y ajouter une poussée de l ‘Islam radical, les antagonismes entre sunnites et chiites et la fragilité des régimes politiques et cela constitue un mélange explosif. Je pense que François Hollande n’a pas d’ autres choix que de faire des déclarations timides pour demander le départ de Bachar al Assad, d’envoyer des missions d’aide médicales et humanitaires et de travailler sur des « zones tampons ». Un vrai SMS (Service Minimum Syrien) dans cette atmosphère de guerre civile où des civils meurent chaque jour.

Alors maintenant que faire ? Je pense que la seule solution est de nature diplomatique, ce que tente de faire le nouvel émissaire de l’O.N.U, le diplomate Algérien Lakhdar Brahimi. Un retrait des armes lourdes ainsi que la libération de milliers de prisonniers serait un premier pas.

http://saidani95.blogspot.fr/

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